Accessibilité TV : les radios en parlent – France Info, France inter, RMC

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Les stations France info, France inter et RMC se sont fait l’écho du bouleversement du PAF avec l’arrivée massive d’émissions accessibles.

Les transcriptions écrites des sujets de France inter et de RMC ont été réalisées par Médias sous-titrés, et celle de France info par l’auteur même de la chronique, Cécile Aspe.


RMC

Deux interviews, de Jérémie Boroy, président de l’Unisda, et de Cédric Lorant, président de l’Afidéo, ont été diffusées le 3 avril 2007 aux éditions de 5 heures et de 7 heures.

Sujet dans l’édition de 5 heures :

« RMC, 5h04. On peut parler de petite révolution pour les 5 millions de sourds et malentendants de France, pour la première fois, hier les journaux télé de TF1 ont été sous-titrés en direct. La chaîne rejoint donc France 2 et M6. Jérémie Boroy est le président de l’Union Nationale pour l’Insertion Sociale du Déficient Auditif, il milite pour que les sourds aient un meilleur accès aux émissions et débats politiques. Avec un ami Cédric, lui aussi sourd, il a assisté à cette grande première sur TF1 hier. Comment se sentent-ils ? :

Cédric Lorant : Très heureux, oui.

Jérémie Boroy : Ca fait quand même un drôle d’effet de voir le journal de TF1, c’est émouvant, c’est émouvant d’avoir le choix ; ça faisait peut être 15 ans qu’on avait que France 2, ça nous met sur une position face à l’information qui est différente.

Cédric Lorant : Une petite anecdote, chez mes beaux-parents, ils regardent toujours la une, et à chaque fois que je venais regarder le journal, je leur demandais “S’il vous plaît est-ce que vous pouvez mettre France 2 ?”, maintenant ça ne sera plus le cas, voilà, on va pouvoir zapper et choisir vraiment le programme qui nous plaît.

Jérémie Boroy : C’est révolutionnaire, du jour au lendemain toutes les personnes sourdes doivent apprendre à choisir, ça, c’est quelque chose de très fort.

un sujet de Aurelia Manauly. »

Sujet dans le journal de 7 heures :

« Une révolution pour les malentendants, depuis hier TF1 sous-titre ses journaux en direct, le 13h et le 20h, M6 et Canal+ avait déjà pris les devant ce qui fait que Jérémie Boroy, Président de l’UNISDA qui défend les déficients auditifs et qui suit de près la campagne, s’est trouvé dans une situation inédite dimanche dernier. Laquelle ?

Jérémie Boroy : j’avais en même temps, le débat politique de M6, pour la première fois sous-titrée et en même temps l’émission politique sur canal+ qui était aussi sous-titrée. J’ai dû choisir.
Quand on sait que les débats entre les candidats ont lieu à la télévision, ça change tout de pouvoir s’appuyer sur les même support que l’ensemble de la société qui s’informe en temps réel sur le positionnement des candidats. Il faut savoir qu’avant on entendait beaucoup les sourds dire qu’ils préféraient voter Jean Marie Le Pen parce qu’au moins il articulait à la télévision et qu’on comprenait pas les autres. Je vous rassure, c’était rare mais l’exemple est quand même révélateur de l’importance de rendre l’information accessible à tout le monde.

C’était Jérémie Boroy avec Aurelia Manauly. »


France Inter

Le journal de 13 heures de France Inter du 2 avril 2007 a consacré une séquence au sous-titrage de l’information à la télévision à l’occasion du lancement du sous-titrage des journaux de TF1, avec les interviews de Robert Namias, directeur de l’information de TF1, Jérémie Boroy, président de l’Union Nationale pour l’Insertion du Déficiant Auditif, et le reportage de Marie-Christine Ledu, journaliste.

« Fabrice Drouelle : Enfin TF1 s’y met ! Elle va sous-titrer ses journaux ainsi que son émission politique « Face à la Une ». M6 a décidé de faire de même… En fait, TF1, tout comme M6, est poussé par les événements parce que la loi sur le handicap obligera les télés à sous-titrer l’intégralité de leurs programmes à partir de 2010. TF1 a donc franchi un premier pas. Maintenant comment ça marche ? Et bien écoutez le directeur de l’information de TF1, Robert Namias, joint par Florent Pommier.

Robert Namias : Le système est un système de reconnaissance vocale, c’est-à-dire qu’un certain nombre de gens ont enregistré leurs voix, un nombre de mots tout à fait considérable dans le vocabulaire, plusieurs milliers de mots. Lorsque le journal est à l’antenne, il y a un collaborateur qui redit mot pour mot ce que dit le présentateur ou la présentatrice. Un appareil reconnaît la voix de ce collaborateur et l’imprime immédiatement à l’écran. C’est un sous-titrage comme un sous-titrage de film. Vous regarderez le journal télévisé par le biais du télétexte mais également la totalité du magazine, « Face à la Une » par exemple, qui s’inscrit dans le cadre de la campagne électorale, de même que les soirées électorales ce qui est plus difficile parce qu’il y a énormément de choses pendant plus de trois heures. Malgré tout nous offrirons le sous-titrage. À l’avenir, tout ce qui relève des émissions d’information, en direct ou enregistrées, sera sous-titré.

Fabrice Drouelle : Mais pour l’instant la proportion est de 60%. C’est vrai que les chaînes privées accusaient un grand retard sur le sujet et d’ailleurs, en février, elles avaient été interpellées par l’Union Nationale pour l’Insertion des malentendants, qui protestait contre ces lacunes particulièrement gênantes en période électorale. Écoutez donc maintenant la réaction du président de cette association, Jérémie Boroy, joint par Marie-Christine Ledu.

Jérémie Boroy : Si c’est passé, c’est qu’on a souhaité accélérer un peu le processus pour qu’en 2007 les campagnes électorales, toutes les émissions qui sont liées aux élections, les débats sur les élections, soient déjà accessibles sans attendre 2010. Au moment où l’on parle de la citoyenneté des personnes handicapées etc, etc, il aurait été un peu anachronique de ne pas donner les moyens aux personnes sourdes de faire leur choix comme tout le monde et de ne pas avoir accès aux informations. On est en train de vivre une révolution : on a M6 qui a commencé il y a quinze jours à sous-titrer son journal télévisé du midi et du soir, Canal + qui, depuis quinze jours, sous-titre son émission politique du dimanche, on a là, en peu de temps, les trois principales chaînes privées qui rentrent dans la cour des grands avec le sous-titrage en direct des émissions d’information et qui sont liées aux élections. Pour la première fois, les personnes sourdes peuvent choisir avec la télécommande la chaîne qu’elles regardent et ça c’est vraiment révolutionnaire.

Fabrice Drouelle : Voilà, et je précise Marie-Christine Ledu que la personne que nous venons d’entendre est une personne malentendante, Jérémie Boroy, et qu’elle se dirigeait justement vers TF1, je crois, pour aller voir comment ça marche… Alors, il disait que c’est une révolution à laquelle on assiste, effectivement, rappelons qu’il y a en France six millions de personnes sourdes ou malentendantes.

Marie-Christine Ledu : Six millions de personnes sourdes, ça fait près d’un Français sur dix et… ben oui ça traîne tout de même, parce qu’il faut rappeler que l’obligation de sous-titrer les programmes de télévision a plus de vingt ans ! Elle est inscrite cette obligation depuis 1984 aux cahiers des charges des chaînes publiques, et à l’époque il n’existait pas de télévision privée. Alors il aura fallu attendre une loi, votée en février 2005, pour rendre obligatoire d’ici 2010 le sous-titrage de tous les programmes. Car côté information, jusqu’à la décision de TF1 et tout récemment, il faut le dire, de M6 et Canal + pour leurs émissions politique, les six millions de sourds et de malentendants devaient se contenter de lire sur les lèvres du présentateurs et d’imaginer ce que pouvait dire le commentateur, le reporter dont on diffusait les reportages. Il y a quelques semaines encore, France 2 était la seule chaîne à sous-titrer ses JT de treize heures et de vingt heures, ça dure depuis quelques années, deux journaux dans son émission « Télématin » et à proposer également quotidiennement un flash d’information avec traduction simultané en langage des signes et en sous-titres. Sur France 3, on le sait, seules les « Questions au gouvernement » à l’Assemblée Nationale bénéficie du sous-titrage les mardis et mercredis après-midi. En pleine campagne électorale, c’était évidemment plus qu’insuffisant, il reste trois ans aux chaînes pour sous-titrer 100% de leurs programmes, elles n’ont pas le choix, c’est la loi. Il faut dégager un budget, chaque minute de sous-titrage coûte environ 40 euros et pour France 2, le montant de la facture : 162 millions d’euros d’ici 2010 »


France info

La chronique du handicap, de Cécile Aspe, sur France Info, était consacrée à l’accessibilité télévisée le 28 mars 2007.

Zapping pour tous. « L’image à la télévision c’est bien, mais sans le son difficile de suivre. Les sourds et malentendants ont droit depuis longtemps à des soustitrages pour les films, les séries… Mais rien ou presque pour le direct, les journaux, les emmissions politiques. Et pourtant l’accessibilité pour tous les programmes ce sera obligatoire en 2010. L’UNISDA, l’union nationale pour l’insertion sociale des déficients auditifs a donc profité de la campagne présidentielle pour interpeller les candidats sur cette question et çà marche. Toutes les chaines s’y mettent peu à peu. Jérémie Boroy le Président de l’UNISDA.

C’est une révolution. Pour la première fois les personnes sourdes vont pouvoir choisir les programmes qu’elles regardent. Depuis une quinzaine d’années, elles avaient France 2, qui soustitrait le journal. Mais elles ne pouvaient pas choisir entre TF1, M6 ou Canal + et là maintenant c’est chose faite. On se retrouve au même niveau que les autres face au pluralisme de l’information et c’était vraiment fondamental. Quand on a interpellé les personnalités politiques, elles ont été sensibles au fait que des millions de personnes passent peut-être à côté de leurs messages. Et cela les a motivés pour relayer notre mobilisation auprès des chaines, du CSA. Tout le monde s’est bougé et les choses ont avancé.

M6, Canal + s’y sont mises et à partir de lundi prochain tous les programmes d’information de TF1 seront soustitrés. Robert Namias le directeur de l’information.

Il était plus que temps parce que honnêtement nous sommes plutôt en retard dans ce domaine. il nous parait normal que la première chaine offre ce qui n’est même pas un service, c’est naturel. Et on le fait avec quelque chose de grande qualité.

Reste maintenant à rendre les autres chaines, celles du câble, d’internet ou bientôt les programmes télé sur les portables, accessibles aux personnes sourdes. »

Retrouvez cette chronique sur le site de France info