Compréhension

0
Rate this post

La réception du message oral


En règle générale, les jeunes sourds concernés sont sourds de naissance ou ont une surdité acquise dans les premières années de la vie. Dans ce cas, les problèmes de communication résultent de la difficulté de réception du message vocal et par voie de conséquence l’expression peut être déficiente faute d’un modèle acoustique reçu dans sa totalité. Ceci entraîne une difficulté dans l’acquisition et la maîtrise du français à l’oral comme à l’écrit, en compréhension comme en expression. En ce qui concerne les jeunes dont la surdité a été acquise plus tardivement après l’apprentissage du langage, leurs difficultés sont limitées à la réception du message oral. Cependant, même dans ce domaine, ils ont plus de facilité qu’un sourd de naissance. En effet -sous réserve de s’entraîner à la lecture labiale -il leur est plus facile de reconnaître ce qu’ils connaissent déjà. Par ailleurs, leurs connaissances et expériences linguistiques leur permettent éventuellement de deviner ce qu’ils n’ont pas perçu.

Dans l’un et l’autre cas, la qualité de la réception du message oral est essentielle. Les systèmes d’amplification ne pouvant être pleinement satisfaisants, il faut veiller à ce que le jeune sourd puisse bénéficier complémentairement de la lecture labiale. Ceci demande aux professeurs d’être particulièrement attentifs à parler de face et à faire un effort d’articulation et de rythme de parole.

Si la lecture labiale est indispensable au jeune sourd pour communiquer, elle ne lui est malheureusement pas toujours suffisante pour saisir la totalité du message (regarder la télévision durant quelques minutes sans le son permet de s’en convaincre). Il lui faut faire de la suppléance mentale. Cela lui est facilité par un bon niveau de connaissances générales et culturelles et un bon niveau de langue.

Il faut aussi signaler que cet exercice réclame beaucoup de résistance : ne pas perdre un mot du professeur suppose de ne jamais le perdre du regard ; l’effort constant de compréhension et de suppléance demande une très grande capacité d’attention et de concentration. Cela peut expliquer la fatigabilité habituellement remarquée chez les jeunes sourds et les fluctuations constatées dans leurs capacités de compréhension.

La réception du message écrit

Il est souhaitable que le jeune sourd ait un maximum d’informations visuelles. Illustrations, croquis, écrit pour remplacer, compléter tout ce qu’il ne peut recevoir auditivement. Il faut donc s’assurer qu’il est placé de façon privilégiée pour lire ce qui est écrit au tableau. Cependant, si une bonne visibilité est une condition de réception du message, elle n’est pas une assurance d’une bonne compréhension.

La compréhension du message oral ou écrit

Les répercussions de la déficience auditive ne se limitent pas aux seuls problèmes de réception du message oral ; la surdité de naissance ou de la première enfance, provoque, généralement, un retard plus ou moins important dans l’acquisitioii et la maîtrise de la langue. Ce retard peut avoir des conséquences sur les apprentissages ainsi que sur la vie relationnelle et sociale. Ceci explique l’importance du dépistage et de la guidance précoce, la nécessité d’un choix et d’un projet linguistique.

Dans le cadre de la classe, la difficulté de compréhension doit être analysée ; il peut s’agir d’une difficulté dans l’apprentissage conceptuel, d’une méconnaissance des termes lexicaux utilisés, d’un niveau linguistique globalement insuffisant, d’un manque de connaissances générales. Quelquefois une reformulation ou une réexplication du professeur suffisent ; dans d’autres cas il est fait appel soit à un codeur en LPC, soit à un interprète en LSE Le soutien pédagogique d’un enseignant spécialisé peut également apporter une aide appréciable au jeune sourd.

Cependant, malgré les aides techniques et les soutiens personnalisés, certains élèves sourds ne peuvent suivre valablement les cours en classe d’intégration en raison de l’effort d’attention à la lecture labiale, de la richesse des concepts et du vocabulaire utilisé. Dans ce cas l’enseignement spécialisé partiel ou total est préférable.

L’expérience prouve que le professeur ne peut se satisfaire de cette réponse et doit en permanence vérifier la compréhension.

En effet, il se peut que l’élève ait compris, mais encore : – qu’il croit avoir compris ou n’ait compris que partiellement, – qu’il n’ait pas compris mais soit fatigué ou gêné de ralentir le cours.

Faut-il répéter ou ré-expliquer ? Dans le doute, le professeur doit rechercher si : – l’élève da pas entendu , saisi le mot, la consigne, l’explication,

– l’élève ne connait pas le sens d’un terme ou ignore le concept auquel il renvoie.