Le prof. idéal bis

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On doit le voir

La mimo-gestualité a un rôle très important dans la communication.

– Elle peut remplacer la parole (gestes quasi linguistiques, par exemple : oui, au revoir). – Elle peut la compléter (gestes de désignation, d’illustration, d’expression des sentiments, de jugement sur ce qui est dit). – Elle peut l’accompagner (gestes para-verbaux qui rythment le discours). Pour l’enfant sourd, la mimo-gestualité joue un rôle fondamental dans la communication. Rappelons que de la parole de son interlocuteur, certains ne peuvent percevoir que le mouvement des lèvres, l’image labiale et les expressions du visage.

Des comportements qui ne posent pas de problème majeur dans d’autres situations de communication risquent dans ce cas de gêner, voire d’interrompre toute possibilité d’échange.

Arpenter la classe et disparaître du champ de vision de l’élève sourd


Etre caché derrière son bureau ou derrière ses éprouvettes Avoir un maintien trop raide

Etre engoncé dans un grand manteau

On doit voir son visage
La mimique a un rôle essentiel dans la communication. Elle exprime : – sentiments • joie • tristesse, etc. – modalités • étonnement • doute, etc. – syntaxe • refus • question, etc.

Certains comportements qui ne posent pas de problème majeur en situation habituelle de communication, peuvent dans ce cas présenter une gêne importante, voire interrompre la communication.

un visage inexpressif, une chevelure envahissante

parler en écrivant au tableau

Il est donc souhaitable que le professeur soit visible, de face, et qu’il adopte une mimique expressive pour que l’élève sourd puisse suivre son discours.

joie tristesse étonnement doute refus

question


On doit voir ses yeux
Le regard a un rôle de prise de contact et de maintien de la communication. Quand le professeur le regarde, l’élève sait qu’il lui adresse la parole. La conversation peut s’engager.

Le regard, en outre, a un rôle désignant : quand le professeur regarde une carte, un appareil, etc., en suivant son regard l’élève sait de quoi il parle (attention conjointe).

Certains comportements sont donc problématiques pour le jeune sourd :



les lunettes teintées ou qui brillent trop


regarder ailleurs en parlant, éviter de rencontrer le regard du jeune interlocuteur sourd.

On doit pouvoir lire sur ses lèvres.
Une bonne articulation est nécessaire. Tout ce qui peut la gêner va donc constituer une difficulté pour la réception du message par le jeune sourd.

parler avec la main devant la bouche une articulation imprécise (lèvres molles, peu mobiles)

la moustache la barbe le crayon on la pipe à la bouche (et en plus c’est interdit !)


Sa parole

Il doit parler naturellement. – si son débit de parole est trop rapide, l’élève sourd ne peut le suivre, – s’il parle trop lentement, son discours déformé perd de sa valeur informative et les autres élèves s’ennuient.

il est difficile de suivre un débit trop rapide

un débit trop lent des phrase hachées


Sa voix

Rien ne sert de crier : si l’élève est sourd profond, il n’entend pas.

S’il a des restes auditifs et porte des prothèses, il peut être gêne par une intensité trop forte. En revanche, si l’intensité de la voix est trop faible, cet élève ne peut l’entendre.

La voix est porteuse d’informations que le jeune sourd, sévère ou profond, ne peut percevoir. En particulier intonation, changement de registre de voix qui indique un changement de contexte de référence. Il faut penser à les expliquer, à donner des informations supplémentaires pour le jeune sourd de la classe.