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Le regard de la société sur les sourds a été très fluctuant selon les époques et les civilisations. Ils ont pu être objet de sollicitude dans les civilisations perse et égyptienne ou considérés comme inéducables et rejetés à Sparte et Athènes. Ils furent aussi privés de tous droits d’héritage dans la société de l’ancien régime puis reconnus comme citoyens à part entière par la révolution française. La question du rapport entre le langage et la pensée à bien évidemment été au cœur du débat sur leur éducabilité. En corollaire, la reconnaissance d’un langage sans réalisation vocale – la langue des signes – comme langue à part entière, a été l’objet de grandes controverses entre les éducateurs et les linguistes. Son adoption comme mode de communication et l’éducation par l’Abbé de l’Épée et quelques uns de ses successeurs n’a pas complètement convaincu. En effet, dans le même temps, d’autres éducateurs apportaient la preuve que les sourds pouvaient parler, que la mutité – conséquence de la surdité – n’était pas inéluctable. Ces deux positions, qui n’étaient pas antagonistes, ont été présentées comme telles par des spécialistes qui d’imaginaient pas la possibilité d’une éducation bilingue pour les jeunes sourds. En outre, ce débat se tenait dans le contexte du XIXe siècle, où les langues régionales ont été exclues des écoles de la République française. La langue des signes a subi le même sort en 1880 dans les établissements spécialisés pour jeunes sourds. Un siècle plus tard, les recherches dans les domaines de la surdité et du langage ont apporté des progrès appréciables. Pour les jeunes sourds, comme pour tous les enfants handicapés, l’éducation scolaire et l’intégration sont affirmées comme des priorités nationales. Désormais, des dispositifs souples et évolutifs ont pour objectif d’apporter des réponses individualisées adaptées à chaque situation dans le respect du libre choix linguistique. Ainsi, depuis le préceptorat des moines bénédictins, les sourds ont montré leurs capacités de réussite, pour peu qu’on leur propose des solutions adaptées à la diversité des cas. Actuellement, différentes possibilités leur sont offertes.