Bertrand Scirpo

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Bonjour à tous,

Je suis venu accompagné d’Olivier Harland, responsable de la cellule « Différences » à France Télévisions. Je travaille moi-même à la direction des relations institutionnelles de France Télévisions, en tant que « Chargé de la coordination avec le CSA, et des affaires européennes www.sofrasims.fr ».

Comme vous le savez, à la suite du rapport Charpillon, en 2003, France 2, France 3 et France 5 se sont fixés comme objectif de sous-titrer 50 % de leurs programmes dès 2006, soit 10 750 heures. En 2005, cette année, ce sont plus de 7 700 heures qui seront sous-titrées.

Nous veillons à ce que l’essentiel de ces programmes sous-titrés soient diffusés aux heures d’écoute significatives, c’est-à-dire, pas très tard la nuit. Nous veillons aussi à ne pas décompter dans ce volume d’heure les reprises.

Nous n’étions qu’à 2300 heures en 2000. Ça représente donc une augmentation de plus de 370 %.

C’est mieux, bien sûr, mais nous sommes bien conscients que des progrès restent à faire.

La loi du 11 février 2005 prévoit l’adaptation de la totalité des programmes de télévision à l’horizon 2010. C’est un objectif légitime, c’est un objectif ambitieux.

Nous ne sommes qu’en 2005, mais si nous voulons parvenir à cet objectif, c’est dès maintenant qu’il faut s’y préparer. En effet, certains programmes sont plus difficiles à adapter que d’autres.

C’est le cas des programmes en direct. Le sous-titrage doit être réalisé en simultané, c’est plus difficile que lorsqu’on a plusieurs jours devant soi. Nous le faisons déjà, et nous sommes la seule chaîne de télé à le faire, pour les journaux télévisés sur France 2.

Les magazines de débat sont également des programmes particulièrement difficiles à sous-titrer. Ils sont réalisés en direct, ou alors très peu de temps avant leur diffusion ; en plus, les caractéristiques mêmes de ces programmes les rendent difficiles à sous-titrer : il y a souvent de nombreux intervenants, des gens qui se coupent la parole, des bruits de fond, etc. Pour le moment, nous avons du mal à les sous-titrer.

Les programmes régionaux sont aussi particulièrement difficiles à adapter, surtout pour ceux qui sont diffusés en direct. Nous ne sommes pas, actuellement, en mesure de sous-titrer de façon simultanée l’ensemble des émissions régionales ou locales de France 3 (43 éditions locales de journaux chaque jour en simultané) ; nous ne sommes pas en mesure de les sous-titrer depuis Paris, car le réseau d’échange d’images que nous avons mis en place n’est pas encore assez performant.

Pour les journaux, les magazines et le direct, nous travaillons à les surmonter ces difficultés.

Nous avons demandé à notre filiale MFP de mener les études nécessaires pour trouver les moyens de surmonter ces difficultés techniques ou organisationnelles.

Du point de vue technique, notre filiale mène actuellement des tests sur les techniques existantes, en se penchant en particulier sur la reconnaissance vocale. Les résultats sont probants, mais des progrès restent à faire.

La retranscription du français est plus difficile que celle de l’anglais ou de l’espagnol, si bien que le niveau de reconnaissance du logiciel du français est inférieur à ce qui est constaté pour l’anglais ou pour l’espagnol. Nous sommes en contact avec différentes entreprises aujourd’hui, et nous mènerons nos premiers tests dès le début 2006. Les choses avancent.

Nous examinons également les possibilités d’améliorer les contenus mêmes de nos sous-titres, c’est-à-dire faire en sorte que ce qui a été transmis à l’écran soit le plus près de ce qui a été dit.

Lors du congrès du BUCODES l’an passé, il y avait eu un débat sur la question de savoir s’il fallait un sous-titrage synthétique ou intégral. Les points de vue étaient partagés, y compris dans le public de sourds et malentendants.

Il est légitime de vouloir être au plus près de ce qui est dit.

Nous étudions la technique du « scrolling » (consistant à faire dérouler les sous-titres du bas vers le haut : le sous-titre apparaît en bas et la ligne du haut disparaît).

Nous étudions également la possibilité de faire apparaître un sous-titrage sur trois lignes, pour que les sous-titres apparaissent plus longtemps à l’écran.

Évidemment, le numérique, notamment la télévision numérique hertzienne va beaucoup améliorer la qualité du sous-titrage : plus de possibilités au niveau de la police de caractères utilisée, plus de souplesse, de rapidité dans l’apparition des sous-titres, etc. Plus de lisibilité aussi.

Nous travaillons également du point de vue organisationnel, c’est-à-dire comment nous organiser à France Télévisions pour organiser le volume et la qualité des sous-titres.

Nous avons souhaité examiner comment les grandes chaînes publiques étrangères s’étaient organisées. Nous avons demandé aux représentants de notre filiale MFP de se rendre à la BBC, qui dispose d’un service de 200 personnes consacrées au sous-titrage. Nous avons demandé d’examiner à Radio Canada comment ils sont organisés, de même que la NHK, la télévision publique japonaise.

Nous avons débuté également la formation de plusieurs techniciens au logiciel de reconnaissance vocale parce que, mais là encore je m’adresse à un public qui doit être au courant de ces questions, il ne faut pas croire que la reconnaissance vocale est simple à utiliser. Il ne suffit pas que je parle dans ce micro pour que ce que je dise soit transcrit à l’écran. En principe, entre moi et l’écran, il y a ce qu’on appelle un « perroquet » ou « rédacteur vocal », qui répète ce que je dis, avec un casque sur les oreilles, tout près d’un micro, et avec une voix que le logiciel reconnaît. Donc il y a toute une série d’intermédiaires qu’il faut former. Il faut formater la voix, former à la respiration, également remplir une base de données, pour que le logiciel puisse reconnaître immédiatement les noms propres ou les termes techniques.

Nous avons commencé la formation de plusieurs techniciens, il faudra plusieurs mois pour que ce soit opérationnel.

Depuis 2003 que ces questions ont pris de l’ampleur, ce qui est une bonne chose à mon avis, en tant que représentant du service public, nous pensons que le public sourd et malentendant a le droit d’avoir un service public de qualité. Nous avons donc mis en œuvre des moyens humains pour avoir un sous-titrage de l’ensemble de nos programmes, avec le souci constant de la qualité.

Je vous remercie.